Monica Forrer

Pendant de longues années, pour Monica Forrer, créer c’était des moments presque volés, fugitifs. Une vie si pleine, un métier intense, passionnant, qui fait sens; famille, amis, voyages, une vie heureuse, privilégiée, débordante, mais avec, au creux de soi, une constante, souvent paisible et bienfaisante, parfois intense, parfois une sorte d’urgence intérieure, une rivière qui cherche sa mer. Puis une maladie physique, qui vous fait encore plus aimer vivre et apporte aussi sa part de mystère.

Suite à un long arrêt maladie, et à l’incompatibilité du métier avec elle, une évidence s’impose: l’autre passion. La peinture à l’huile prend d’emblée toute la place possible. Un autre monde, mais un monde où tout ce que l’on est devenu vibre, sous-tend les envies, on réalise que l’on porte en soi une immense caisse de résonance où pêle-mêle, le monde, les impressions, questionnements, concepts, mais aussi les émotions, rêves et révoltes, désirs, couleurs et formes font écho. Un monde en soi qui demande à naître et aller vers l’autre.

La rivière a trouvé sa mer. L’essentiel semble toujours là, vivre et le célébrer, interagir, aimer, chercher un monde meilleur. Et tout doucement, deviner et s’abandonner un peu au sens profond du grand mystère, à défaut de devenir vraiment sage!

Depuis l’âge de 15 ans, le contact privilégié avec l’artiste peintre Raymond Perrenoud nourrit la soif d’expression de Monica. Création de bijoux, des sculptures à porter, plusieurs expositions. Puis une évolution vers l’encre de Chine, la peinture, huile et acrylique donne naissance à des œuvres imprégnées des nombreux voyages de l’artiste en Asie, au Japon, à Tokyo et à Kyoto où elle a pu rencontrer des spécialistes en techniques d’art et pigment.

Monica Forrer – Le long du chemin des philosophes, Kyoto – 94.5 x 157cm encre, pigments, acrylique et huile sur toile montée sur baguettes