Sylvie Enjalbert

La recherche de l’équilibre.

J’aime quand apparaît sur mes pots un mouvement, créé par les empreintes de mon pouce, comme de petites vagues. De cet aspect un peu irrégulier de la pièce se dégage une âme particulière. Et je crois que cela vient de l’empreinte justement, que ça fait partie de ce qui fait vibrer, sentir cette humanité, cette chose simple de la trace du doigt. Un mouvement de vie. Sylvie Enjalbert, extrait des entretiens Coffret Univers d’Argile, Portraits d’Ateliers.

Sylvie Enjalbert créé des pots en grès avec la technique du colombin. Technique ancestrale utilisée dans toutes les cultures premières à travers le monde, elle permet de créer des formes par la superposition de longs boudins d’argile ensuite lissés. Un travail lent et minutieux qui demande de la patience et permet une grande liberté de création.

Aujourd’hui, ce que je recherche d’une manière ou d’une autre, c’est d’aller vers des lignes simples. Je ne réfléchis pas à une forme avant de la travailler, elle vient petit à petit. Il y a une recherche de l’équilibre qui se fait sur la base du pot et que je cherche aussi sur la ligne. Toutes les petites anses que je peux rajouter, toutes les petites arrêtes ou baguettes ont un sens. Mes pots sont comme des échos, des résonances qui ont à voir avec quelque chose d’originel, d’universel aussi… Ce sont des évocations. Les pots anciens contenaient de l’eau, des graines, ils servaient à stocker, à conserver ou à cuisiner, ils contenaient une nourriture. Aujourd’hui, les pots que je façonne me nourrissent à la source de ce que je suis. Ils me sont indispensables telle une nourriture spirituelle. S.E.